Du point de vue de l’Ecriture et de l’esprit du monde avec lequel nous lisons au préalable ce qui est déluge celui-ci est présenté comme une catastrophe majeure, non pas seulement en raison de son ampleur destructrice, « une inondation mondiale qui efface presque toute vie sur terre », mais surtout parce qu’il s’agit d’un jugement divin contre le péché humain. Les raisons principales du caractère catastrophique du déluge émane de la corruption totale de l’humanité et Dieu observe que « la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour uniquement vers le mal ». La terre est « corrompue » et « remplie de violence ». Cela provoque un chagrin profond chez Dieu, qui se repent d’avoir fait l’homme « L’Éternel regretta d’avoir fait l’homme sur la terre, et il s’en affligea dans son cœur ». Le déluge n’est pas un caprice divin, mais une réponse à une dépravation généralisée qui rend la création insoutenable. Cependant Dieu se « repent » d’avoir fait l’homme en lui-même et c’est bien de repentir dont il est question, ce qui est important à relever, lorsque nous comprenons que le déluge est lié, comme nous le dira Pierre plus tard, au baptême de repentir… Nous sommes donc avec le déluge face à un acte de jugement purificateur : Dieu décide de « faire disparaître de la face de la terre l’homme que j’ai créé » et d’envoyer les eaux pour détruire « toute chair ayant souffle de vie ». C’est une « dé-création » symbolique, les eaux chaotiques reviennent, inversant l’ordre de la création, pour effacer le mal. Toute vie terrestre périt, sauf Noé, sa famille et les animaux dans l’arche. Les eaux couvrent « toutes les hautes montagnes qui sont sous tous les cieux », pendant 150 jours, causant une destruction totale. Cependant, le récit n’est pas seulement destructeur, il met en lumière la grâce divine. Noé « trouva grâce aux yeux de l’Éternel » car il était « juste et intègre ». Dieu préserve une lignée pour un nouveau départ, et après le déluge, il conclut une alliance « Je ne maudirai plus la terre à cause de l’homme […] et je n’exterminerai plus tous les êtres vivants », l’arc-en-ciel en est le signe. Du point de vue biblique, le déluge est donc une catastrophe parce qu’il révèle la sainteté de Dieu qui ne tolère pas le mal indéfiniment, tout en manifestant sa miséricorde par le salut d’une minorité fidèle. C’est un avertissement contre le péché, préfigurant des évènements et jugements futurs.

Ce qui est frappant c’est que le déluge n’atteint pas les animaux marins, pourtant d’un point de vue spirituel, nous n’avons pas à faire à des « animaux typiquement marins », les eaux désignent ainsi les peuples et les nations en ce sens, comme l’Apocalypse de Jean le dit. Dieu va retirer la vie ou plutôt l’Esprit de vie qu’il a donné à tous ceux qui sont sur la terre qu’il a créé et qu’il a fait sortir de l’eau le deuxième jour, nous rappelant en cela la formation du peuple d’Israël qui formera la terre promise dans l’enfant sorti des eaux en Moise qui ramène à la sortie du peuple de l’Egypte devenant une terre nouvelle… En ce sens, nous savons que Dieu va envoyer la malédiction sur Israël à cause du non-respect de l’alliance puisque cette malédiction fait partie de l’alliance mais pour autant, nous ne sommes pas dans la destruction de toute la terre mais uniquement de celle où Dieu à fait reposer son Esprit qui est l’Esprit du Vivant en YHWH, définissant qu’en se retirant, la terre qui l’abritait meurt automatiquement à l’Esprit. Mais l’eau qui recouvre la terre ne peut pas noyer ce qui sont déjà dans les eaux en étant les eaux… Le texte de la Genèse précise en ce sens que Dieu détruit « tout ce qui avait souffle de vie dans les narines, tout ce qui était sur la terre sèche ». Les créatures marines ne sont pas mentionnées parmi les victimes, car elles vivent déjà dans le milieu même du jugement : les eaux. Dans la symbolique biblique, les eaux représentent souvent : Le chaos primordial, les peuples, nations et multitudes « Les eaux que tu as vues […] ce sont des peuples, des foules, des nations et des langues », la sphère de la mort et du règne des puissances hostiles à Dieu, rappelant que la bête et le « dragon » sortent de la mer. Les créatures marines, qui « sont les eaux », habitent donc déjà le domaine du chaos et des nations rebelles. Elles ne peuvent être « noyées » par le jugement qui consiste précisément à rendre la terre au chaos aqueux. Elles sont, en quelque sorte, chez elles dans ce qui constitue la malédiction pour la terre émergée. On retrouve donc là ce qui est de la terre qui sort des eaux en Moise, nous rappelant que cette terre est formée au moyen des eaux, nous ramenant finalement à Moise qui nait en Egypte ou encore à Zorobabel qui nait de Babel et ainsi de la confusion qui émane de ce qu’est le chaos, où les eaux représentent ce qui est ignorant de Dieu et ne peuvent en ce sens prônait le Dieu Vivant en méconnaissant ce qu’Il est, justifiant pourquoi on parle de chaos. Ainsi le déluge n’est pas seulement une inondation, mais un retrait de l’Esprit qui avait été insufflé à la création. Au deuxième jour, Dieu sépare les eaux d’en haut et d’en bas pour faire apparaître la terre sèche, espace habitable pour la vie. Il y fait ensuite souffler l’Esprit de vie « ruaḥ » dans les narines des créatures terrestres pour l’homme et pour les animaux ensuite. Le déluge inverse ce processus par les eaux qui reviennent couvrir la terre, et l’Esprit est retiré de tout ce qui vit sur la terre sèche. C’est un retour au tohu-bohu originel, mais limité à la sphère où Dieu avait fait reposer son Esprit Saint, nous rappelant qu’au départ il est bien dit que cette première Création est momentanée et non éternelle « Alors l’Eternel dit : Mon esprit ne restera pas à toujours dans l’homme, car l’homme n’est que chair, et ses jours seront de cent vingt ans ». C’est la raison des pères qui meurent automatiquement « C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu’ils cherchent une patrie. S’ils avaient eu en vue celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité ». Le déluge préfigure ainsi le jugement sur l’Égypte, les plaies, la mer qui se referme sur l’armée de Pharaon, mais également sur Babylone, tout autant que dans ce qui est de l’Egypte nous sommes face à ce qui sera éphémère et préparation à ce qui, pour Babylone, deviendra éternel. La première terre a donc une espérance de « vie en l’Esprit » de cent vingt ans et c’est le jugement sur Israël, annoncé par les prophètes pour cause d’infidélité à l’alliance. Ce n’est pas une destruction totale de la création, mais un retrait temporaire de la présence de l’Esprit sur la terre « promise » où Il avait élu résidence représentait par le Temple, Jérusalem, le peuple élu. Nous retrouvons là en réalité ce qui est décrit dans le Nouveau Testament, cette grande tribulation, soulignant « qu’il n’y en a jamais eu de telle sur la terre » afin de donner à comprendre que nous sommes en réalité dans ce qui a été annoncé depuis le commencement de la Genèse. Nous sommes aussi dans ce qui nous rappelle que le Pasteur se présente, transmet ce qu’Il est et repart, laissant ses disciples dans le monde afin qu’ils incarnent à leur tour, la lumière dans ce monde ténébreux pour en devenir eux-mêmes la contradiction. Ce n’est qu’une fois que leur propre mission est accomplie, qu’ils sortent à leur tour du monde. « Car alors, la détresse sera si grande qu’il n’y en a point eu de pareille depuis le commencement du monde jusqu’à présent, et qu’il n’y en aura jamais. Et, si ces jours n’étaient abrégés, personne ne serait sauvé ; mais, à cause des élus, ces jours seront abrégés ». En ce sens, nous assistons non pas à quelque chose qui a déjà eu lieu pour tous mais à ce qui est annoncé depuis la Genèse, notre propre genèse, nous sommes dans la chute et le relèvement des enfants d’Israël, dans le Reste qui définit les élus, ceux qui montent sur l’arche de Noé en sortant de Babylone au fur et à mesure et dans leur propre temps. Mais l’eau du déluge symbolise aussi la purification, le retour à l’état primordial qui permet un nouveau commencement, le déluge n’est pas une catastrophe arbitraire, mais un acte symbolique et spirituel où Dieu retire son Esprit saint de la terre émergée qu’Il avait sanctifiée, la rendant au chaos des eaux, domaine des nations et du péché non rédimé. Ceux qui vivent déjà « dans les eaux » spirituellement immergés dans le monde rebelle ne peuvent être atteints par ce jugement précis, car ils n’ont jamais reçu pleinement l’Esprit sur la terre sainte. Cela éclaire à la fois la sévérité et la miséricorde de Dieu : Il ne détruit pas tout, Il purifie en vue d’une nouvelle création où l’Esprit pourra à nouveau reposer sans entrave. Nous retrouvons en ce sens ce qui est de Jésus qui plonge dans les eaux du baptême de Jean et en ressort en voyant l’Esprit, la colombe, qui vient reposer sur lui, définissant cette nouvelle Création annoncée, qui est la figure accompli de ce qu’est l’Elu, qui amène au ministère de Jésus et ainsi de la justice dans les élus. Chacun atteint en son propre temps la résurrection, nous rappelant que Dieu récupère ses enfants un par un mais aussi que le corps du Christ ressuscite ses membres au fur et à mesure de leur propre chemin « Mais maintenant, Christ est ressuscité des morts, il est les prémices de ceux qui sont morts. Car, puisque la mort est venue par un homme, c’est aussi par un homme qu’est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ, mais chacun en son rang. Christ comme prémices, puis ceux qui appartiennent à Christ, lors de son avènement ».

Le déluge est donc tel que le baptême de repentir de Jean, Dieu se retire effectivement de la terre qu’il a créé, terre qui va être en ce sens, recouverte par les eaux, définissant ce qui va être ainsi piétinée par les nations païennes. C’est Jésus qui plonge au milieu des peuples et qui va construire l’arche en Noé et sa maison où montent également les « animaux » qui sont des êtres psychiques ayant accepté l’alliance avec Dieu. Ils vont être en ce sens « enlevé au ciel », permettant de voir en eux le Reste d’Israël et ainsi les élus qui sont sauvés de ce déluge annoncé depuis la Genèse. En réalité la Genèse est tel un résumé de toute l’histoire sainte qui va se dérouler. En ce sens Jésus n’aura de cesse de dire « ce qui vient et est déjà venu ». Effectivement avec Moise nous avons exactement la même conjoncture qu’avec Noé mais plutôt que de l’envisager comme quelque chose qui arrive après Noé, l’histoire de Moise semble au contraire être le développement de la Genèse, c’est d’ailleurs en ce sens que l’on dit que Moise écrit les cinq premiers livres qui compose la Loi, puis que nous avons ensuite les Prophètes en Elie, les retrouvant tous les deux en Jésus qui porte également les Rois et les Psaumes… Effectivement Dieu annonce à Noé qu’il ne maudira plus la terre pourtant la « terre » semble toujours maudite, pourquoi ? Parce que l’alliance avec Noé ne se réalise qu’avec le Christ et ainsi Jésus dira que lors de la grande tribulation il en sera comme aux jours de Noé… Nous croyons à tort que les choses sont déjà arrivées pour nous même, cependant certaines sont arrivées mais pas toutes, car avec Dieu nous sommes dans la prophétie, les choses sont écrites avant de se réaliser, c’est en ce sens que l’Ancien Testament est l’ombre des réalités à venir, tout est donc annoncé avant que cela ne se produise du début à la fin et pas seulement à la façon dont nous l’interprétons à cause de notre méconnaissance de Dieu… Et de notre soumission au Mensonge qui nous égare parce que nous sommes dans les eaux à la base, soit depuis toujours, soit en y ayant été plongé afin d’accomplir une mission ou parce que nous ne l’avions pas accomplie auparavant.

La Genèse n’est donc pas un simple récit historique, mais il s’agit d’un condensé prophétique de toute l’histoire du salut, dont chaque épisode est une ombre des réalités à venir, culminant dans le Christ et son retour. Pierre lui-même fait ce lien explicite « … lorsque la patience de Dieu se prolongeait aux jours de Noé, pendant la construction de l’arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, huit, furent sauvées à travers l’eau. C’était une figure du baptême qui vous sauve maintenant », nous rappelle qu’il évoque également cette patience pour les temps de la fin « Voici déjà, bien-aimés, la seconde lettre que je vous écris. Dans l’une et dans l’autre je cherche à éveiller par des avertissements votre saine intelligence, afin que vous vous souveniez des choses annoncées d’avance par les saints prophètes, et du commandement du Seigneur et Sauveur, enseigné par vos apôtres ». Il est donc bien question de choses annoncées à l’avance afin d’être enseigné par tout cela, ce n’est pas seulement l’Ancien Testament qui est un enseignement mais également le Nouveau. « sachant avant tout que, dans les derniers jours, il viendra des moqueurs avec leurs railleries, marchant selon leurs propres convoitises, et disant : Où est la promesse de son avènement ? Car, depuis que les pères sont morts, tout demeure comme dès le commencement de la création. Ils veulent ignorer, en effet, que des cieux existèrent autrefois par la parole de Dieu, de même qu’une terre tirée de l’eau et formée au moyen de l’eau, et que par ces choses le monde d’alors périt, submergé par l’eau, tandis que, par la même parole, les cieux et la terre d’à présent sont gardés et réservés pour le feu, pour le jour du jugement et de la ruine des hommes impies » nous sommes donc encore dans la promesse et non dans l’accomplissement malgré le Nouveau Testament parce que celui-ci « sauve en espérance » et que l’espérance permet le développement de la foi qui nous pousse à refuser la corruption ou encore qui nous en sort afin de recevoir le Feu de l’Esprit promis. Tout cela nous rappelle également que nous devons passer par l’eau puis par le feu de l’Esprit et que si ce qui est de l’eau est réalisé, ce qui est de l’Esprit tend à se réaliser par notre chemin d’évolution personnelle. « Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c’est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour. Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance » cette même patience évoquée pour ce qui se déroule aux temps de Noé, nous permettant de comprendre que nous sommes dans ces temps-là, et que c’est en ce sens que l’on parle de « temps de la fin » mais aussi « d’accomplissement de tout ce qui est écrit » afin de recevoir ce qui est éternel engendrant les choses qui ne seront plus « ébranlées ». L’histoire de Moïse n’est pas une simple suite chronologique, mais un déploiement de ce qui était déjà contenu en germe dans le récit de Noé. Noé qui est sauvé des eaux dans une arche comme Moïse est sauvé des eaux dans une petite arche « tebah » étant employé pour les deux récits et cela rappelle que Joseph prendra Marie avec lui et l’emmènera en Egypte, puis ils reviendront à Nazareth qui représente Babylone, retrouvant là ce qui est du rejeton de Babel. Noé conclut donc une alliance universelle tandis que Moïse reçoit l’alliance sinaïtique, plus spécifique au peuple élu, nous renvoyant à ce qui est d’Abraham, qui est béni par Melchisédech recevant l’alliance éternelle mais qui va d’abord développer l’alliance de la chair que nous retrouvons en Moise, témoignant que nous sommes en Moise au début de ce qui amènera ensuite le déluge et l’entrée en vigueur de l’alliance éternelle en Jésus dans le Christ. Moïse, en tant que rédacteur traditionnel de la Torah, écrit la Genèse comme une prophétie en acte, il raconte les origines en sachant déjà comment Dieu va développer son plan à travers son propre ministère, retrouvant en ce sens le ministère de Jean qui arrive avant celui de Jésus. Dieu dit à Noé en ce sens « Je ne maudirai plus la terre à cause de l’homme » et « Je n’exterminerai plus tout être vivant ». Pourtant, la terre reste maudite, épines, chardons, sueur du front que nous retrouverons dans la description de Jésus et les jugements continuent, témoignage de la patience de Dieu qui attend que tous se repentissent dans le déluge. C’est pourquoi Jésus dit « Comme il en était aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il à l’avènement du Fils de l’homme ». Le temps de la fin reproduira les conditions du déluge : corruption généralisée, mais salut d’un Reste à travers les eaux du jugement final. Chez Dieu, le futur est déjà présent. Ce que nous lisons comme passé est en réalité annoncé avant réalisation, car Dieu habite l’éternité « Ce qui a été, c’est ce qui sera ; ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera ». L’Ancien Testament est donc une ombre « skia » des réalités célestes, une figure « typos » du Christ et de son œuvre et cela s’explique parce que l’alliance noachique est proleptique car elle annonce ce qui sera pleinement accompli dans le Christ. La Genèse n’est pas derrière nous, elle est devant nous, c’est notre propre histoire. Elle est le « plan détaillé, le schéma » prophétique de toute l’histoire sainte, dont chaque étape de Noé, Abraham, Moïse, David, exil, Christ, Église, tribulation, jusqu’à la parousie est une nouvelle manifestation du même mystère : Dieu retire son Reste des eaux du jugement pour le faire entrer dans une nouvelle création, récupérant en cela ses enfants un par un. Nous sommes encore dans les « jours de Noé » spirituellement, le monde est recouvert par les eaux du mensonge, de la violence et de l’idolâtrie. Mais l’arche dans le Christ flotte déjà au-dessus, portant ceux qui ont cru à l’alliance, qui marchent et voguent sur les eaux.