Les trois Grâces et les trois mers

En parcourant la deuxième épître de Pierre, cette lettre évoque que certains oublient délibérément que jadis, des cieux et une terre ont émergé de l’eau par la parole de Dieu, et que c’est par ces mêmes forces que le monde d’autrefois a été englouti sous les flots. En ce qui concerne les cieux et la terre d’aujourd’hui, la même parole les réserve et les garde pour le feu, en prévision du jour du jugement et de la perte des impies. Je me conforte ainsi dans la pensée que lorsque le peuple de Dieu, Israël, a quitté l’Égypte, il s’agit de ceux qui demeurent encore dans les eaux du déluge, car ces eaux émanent de la parole et c’est cette parole transmise qui façonne l’homme tel qu’il est. En d’autres termes, nous ne pouvons connaître que ce que l’on nous enseigne, et lors du déluge, la véritable parole de Dieu a disparu dans le mélange et la confusion. Seuls Noé, ses fils, et les animaux qui leur sont associés trouvent refuge dans l’Arche, formant ainsi une alliance de paix avec le Dieu Vivant, et il est évident que les trois fils de Noé ne se ressemblent pas. Ces trois fils évoquent pour moi les trois phases, la première rappelant celle de Moïse qui guide un peuple encore obstiné et réticent, facilement lié à Cham, nous renvoyant à Nimrod « le rebelle » né de Cham. C’est de ce dernier que proviennent tous les peuples qui formeront « les chasseurs », ainsi que ceux qui ont donné naissance ou ont régné sur des cités emblématiques comme Babylone et Ninive, sans oublier des régions telles que Canaan, berceau de Sidon et s’étendant jusqu’à Gaza. Cela inclut également toutes les nations que Yahweh demandera plus tard à son propre peuple de conquérir, tels que les Jébuséens, les Amorrhéens, les Hévéens, entre autres, ainsi que les fameuses villes de Sodome et Gomorrhe. Ces cités et régions trouvent leur origine en Cham, le benjamin de Noé, père de Canaan, qui, après avoir aperçu la nudité de son père et l’avoir rapportée à ses deux frères, fut frappé de malédiction et devint ainsi le serviteur de son frère Japhet, lui-même au service de Sem. Japhet réside sous les tentes de Sem, héritant ainsi de la bénédiction accordée par leur père Noé. Le second fils de Noé, Japhet, est l’ancêtre des peuples cités comme Javan, Tharsis, Céthim, Gomer, Thubal, Magog, Mosoch et Togorma. C’est de lui et de sa lignée que proviennent les peuples des îles des nations, qui espèrent ardemment le retour de Dieu. Les îles évoquent inévitablement ce qui émerge des flots, tout en étant distinctes de Sem, cité dans la généalogie de Jésus.

On retrouve ici les trois phases préalablement établies par la volonté divine, évoquant les trois Maries, synonymes des trois grâces, une idée qui m’est venue cette nuit, ou plutôt ce matin. Ainsi, les trois Maries évoquent les trois grâces symbolisant les trois mères qui accueillent les trois révélations divines à travers son Fils, en écho à ce verset biblique où Paul déclare « c’est la troisième fois que je viendrais ». Ce qui est particulièrement frappant, c’est qu’on ne peut pas franchir les portes plus de trois fois, comme le mentionnera Moïse en disant qu’ensuite, il ne pourra plus entrer ou sortir. Cela nous conduit à la fontaine de la Rotonde, où les trois Grâces trônent majestueusement au sommet, incarnant les arts, l’agriculture et le jugement. Cette fontaine qui, vue du ciel rassemble en elle-même ce qui est de la Création du peuple de Dieu, rassemblant ce qui est du jour et ce qui est de la nuit en un ensemble harmonique qui rappelle que Dieu est un Tout. Ces trois niveaux nous rappellent les trois étapes et la femme dans sa totalité qui englobe les trois Grâces. Chacune de ces Grâces symbolise une étape essentielle, ainsi, les arts évoquent l’essence même du travail artistique, berceau de toute création, mais aussi la promesse et les aspirations qui favoriseront la transition de la parole à la concrétisation, menant à l’accomplissement et à la récompense, nourris par la foi et les actions qui l’accompagnent. L’art nous rappelle que nous sommes plongés dans ce qui grave notre être intérieurement, illustrant une phase qui évoque la loi inscrite dans nos cœurs, nous rendant libres de tout enseignement, tout en incarnant l’essence de l’alliance éternelle. L’agriculture évoque inévitablement la semence que l’on disperse, les graines que l’on plante et arrose pour récolter des fruits savoureux, tout comme la Parole qui est semée. Nazareth, ce lieu où la promesse prend racine, est appelé à croître, car c’est la possession de la foi dans une terre qualifiée de vierge qui permettra à cette semence de prospérer sans cesse. La troisième Grâce, liée au jugement, évoque ce qui procurera la vie éternelle à certains, mettant en lumière les répercussions de leurs actions selon leur nature, tout en condamnant en ce sens les autres.

C’est à travers la parole divine que l’humanité est tirée des profondeurs, à l’image de Moïse qui émerge des flots, représentant ce qui va amener à la formation du peuple d’Israël, en vérité, le parcours de Moïse résonne avec celui de Jésus, car c’est dans le cri du peuple vers Lui que Dieu se révèle à Moïse. Ainsi, Yahweh choisit d’agir en libérant ce peuple qui l’implore, en le faisant échapper au poids de la servitude et de l’esclavage de l’Égypte. Toutefois, pour y parvenir, il devra émerger des eaux puis se tourner vers le Dieu Vivant tout en renonçant au principe porté par ce principe que définit l’Egypte. Au fond la compréhension de Dieu concernant ce monde semble souvent découler de l’Egypte, mais cela est largement manipulé, car ce qui émane d’Égypte repose sur la mort et non sur la vie. Cela nous rappelle que les pharaons ne possédaient pas réellement la sagesse, puisqu’ils avaient besoin de mages pour déchiffrer leurs rêves, des mages qui, en vérité, se consacraient davantage à la magie et à la consultation des esprits des défunts, ce qui va à l’encontre des Lois de la vie. Les vraies interprétations dont disposait le pharaon provenaient à l’origine de Joseph. D’ailleurs, ces passages soulignent que ces pharaons avaient besoin d’un « homme de Dieu » pour obtenir des révélations authentiques, ce qui permettait à l’Égypte d’être un pays « bien arrosé » à une certaine époque. Cela nous éclaire sur le fait que les autres magiciens qu’ils consultaient se limitaient uniquement à interroger les esprits des défunts et non ce qui est de l’Esprit du Vivant. Les connaissances scientifiques des Égyptiens, encapsulées dans ce qu’ils appellent « le livre des morts », évoquent réellement des oracles délivrés par des âmes restées dans l’au-delà, nous rappelant ainsi ce qui demeure éloigné de Dieu, comme ceux qui nous renvoi en ce sens à la première génération d’Adam et Ève et ainsi à ce qui relève de la chute originelle. Dans cette optique, l’Égypte nous renvoie à une sagesse qui a bel et bien existé, mais de manière éphémère, nous avertissant que c’est l’orgueil, celui qui nous pousse à nous prendre pour Dieu, qui nous éloigne de Lui et nous entraîne sous une malédiction, nous faisant ainsi perdre la sagesse éternelle et, par conséquent, la Vie. C’est la disparition de cette sagesse qui précipite la chute d’un empire, et c’est notre entêtement, ou notre conviction de détenir encore une véritable sagesse dans ce qui a sombré et s’est effondré, qui nous empêche de nous relever, laissant ainsi place à l’obscurité qui domine nos existences. Seule la mort de l’orgueil, nous permet de retrouver la Vie en Dieu.

Ainsi, pour le peuple de Dieu à l’époque de Moïse, il était nécessaire de franchir la « mer Rouge », symbolisant le baptême de repentance qui ouvre la voie vers le désert, considéré comme « la terre de feu ». Cela évoque également Abraham, qui fit la campagne de la « mer Morte » et qui a triomphé dans son combat, recevant la bénédiction de Melchisédech, à qui il a offert la dîme de tout. C’est comme si Abraham se détournait de la « mère morte », ce qui nous ramène inévitablement à Agar, l’esclave égyptienne, évoquant l’Égypte et qu’Abraham, par obéissance à Sara, se résigne à chasser. Sara, la femme du serment d’Abraham, est celle que Dieu lui ordonne d’écouter, car c’est d’elle qu’Isaac naîtra, représentant la descendance de la femme libre, qui incarne la Jérusalem céleste et libérée, portant l’alliance éternelle avec le Dieu Vivant. Cela évoque inévitablement le sacrifice du fils d’Abraham, rappelant qu’Abraham offrira un bélier en substitution d’Isaac, cet animal symbolique de l’Égypte qui fait écho à l’histoire d’Ismaël, chassé avec sa mère mais à qui une promesse d’espérance de retour à Dieu est faite. Ainsi, en restant fidèle à Dieu et en affirmant sa foi tout en défendant son neveu Lot, le fils de son frère, Abraham n’a pas omis d’ériger un autel à Yahweh lors de leur séparation, lorsque Lot et son entourage ont traversé le Jourdain, faute de place suffisante pour leurs troupeaux. Par la suite, il n’hésitera pas à engager le combat contre les rois qui s’affrontent dans la vallée de Sel, qui définit la mer Morte pour délivrer Lot et ses biens. C’est en raison du départ de Lot vers Sodome lors de sa séparation d’avec Abraham, rappelant la division mentionnée sous Sem où l’on apprend que « la terre fut scindée en deux quand Shelach, fils de Sem, donna naissance à Héber », un nom qui signifie Hébreu et désigne « ceux qui se trouvent de l’autre côté du fleuve » nous indiquant que la séparation en deux entités nous offre la possibilité d’observer ce qui se trouve dans les cieux mais également sur la terre, et que c’est par l’alliance du corps et de l’esprit qu’ils devront se rassembler. Ainsi, Abraham passa de l’autre côté, nous rappelant qu’il est désigné comme « Abraham l’Hébreu », et lorsque Lot fut capturé et que tous ses biens furent pillés, Abraham se lança à son secours, remportant triomphalement la bataille de la « mer Morte » et recevant par là même la bénédiction de Melchisédech. Lot, qui résidait au cœur de Sodome en tant qu’homme juste au milieu d’une ville corrompue, fut sauvé grâce à sa droiture et à son lien avec Abraham lors de la destruction de la ville par le feu divin. Sa femme, en se retournant, fut changée en statue de sel, symbole de la vallée du sel et de la mer Morte. Cette séparation entre Lot et sa femme engendrera les Ammonites et les Moabites, dont Ruth, par exemple, émergera, se convertissant à Dieu et devenant l’épouse de Booz, père de Jessé, lui-même ancêtre du roi David.

Ce qui rend la mer Morte intéressante, c’est aussi sa proximité avec Jéricho, évoquant un parcours qui débute vers le bas et ainsi l’Égypte, pour remonter vers la mer Rouge, puis enfin vers la mer Morte, qui se connecte par le fleuve du Jourdain à la mer de Galilée en aval, remontant en ce sens le cours du courant, nous rappelant la remontée du torrent qui descend de la nouvelle Jérusalem. Cette configuration est fascinante car elle évoque le récit du peuple de l’Exode : après avoir quitté l’Égypte et traversé la mer Rouge, les ancêtres ne réussiront pas à surmonter l’épreuve du désert, ce qui les conduira finalement à la mer Morte. Leur parcours les mènera de la ville de la lune à la ville des palmiers en Jéricho, symbolisant à la fois les juges et la joie, en lien avec la rédemption apportée par Rahab, la prostituée qui en sera délivrée par la suite. Cela évoque l’endroit où le peuple de l’Exode fera une pause dans le désert, Méribah, qui abrite soixante-dix palmiers et douze sources d’eau, nous renvoyant aux soixante-dix anciens et aux douze tribus d’Israël. Jéricho sera ainsi présentée à la fois comme une oasis au cœur du désert et comme une ville où les eaux, stériles et mortelles, ne retrouveront leur vitalité qu’après qu’Elisée y ait ajouté du sel. Rahab, originaire de Jéricho, sera sauvée par Josué grâce à un acte de foi courageux envers Dieu, définissant la preuve de sa fidélité, en dissimulant les deux espions divins. Elle se convertira et deviendra la mère de Booz, transformant ainsi une mère morte, stérile et prostituée en une figure porteuse d’une lignée divine, nous rappelant que le fil rouge de toute l’histoire sacrée est ancré dans le pardon accordé à la femme à travers son retour à Dieu. La mer Rouge, connue sous le nom de mer des roseaux, rappelle que les roseaux symbolisent les prophètes, qui, représentent les Lévites choisis par Dieu pour transmettre Sa Parole à tous ceux qu’ils sont appelés à toucher. C’est à travers les prophètes que nous découvrons non seulement l’existence de Dieu, mais également la dualité de la condamnation et de la bénédiction. Les prophètes agissent comme des sentinelles, alertant ceux qui écoutent pour les inciter à se repentir, à l’image de Jean, la voix qui s’élève dans le désert pour appeler à ce repentir. Il y a donc ceux qui émergent des eaux de la mer Rouge, renouvelés par elles, et ceux qui, à l’instar de Pharaon et de son armée, disparaissent dans les profondeurs. Il faudra ensuite passer par la mer Morte, nous rappelant que le Fils nait d’une femme sous la Loi pour ensuite être restauré, nous conduisant aux noces de Cana, où la mère de Jésus assiste à la transformation de l’eau en vin, rappelant que, après la mer Rouge et la mer Morte, se dévoile la mer de Galilée, celle où le Fils revient ressuscité. C’est ainsi que nous discernons le parcours menant à la vie par la vérité, en naviguant à travers les trois Grâces, symbolisant les trois mers à franchir, et permettant à ceux qui s’y engagent d’atteindre la véritable Jérusalem céleste, la mère libre qui donne naissance à des enfants de la liberté.

Au cœur de ces trois Grâces, se dessinent les trois étapes essentielles qui nous incitent à intégrer en nous ces parcours à travers les trois mers, afin de recevoir ces précieuses grâces qui distinguent les vainqueurs de la sixième église, celle de Philadelphie. Cette dernière nous enseigne que ceux qui en sortent vainqueurs porteront le nom du Père, le nom nouveau du Fils, et celui de la Cité Sainte inscrit en eux-mêmes, éclairant ainsi notre chemin vers la réalisation personnelle et intime de cette part que nous sommes appelés à devenir dans le Tout. C’est de cette manière que le Père et le Fils s’établissent en nous, nous transformant en cette Jérusalem, en cette pierre vivante de la paix avec le Dieu Vivant, rappelant que tout édifice divin se construit de pierres unies ensembles par le ciment de l’onction reçue. C’est seulement en embrassant cette pierre vivante que nous sommes appelés à devenir, que nous nous rappelons qu’en acceptant la Vie transmise par le Fils de Dieu à travers le Christ, cette source d’eau vive qui jaillit de lui nous permet, en fin de compte, de faire partie intégrante du corps de l’homme nouveau par l’alliance conclue avec le Dieu Vivant. Ce dernier s’élève et rappelle que dans le corps du Christ, il y a tant l’homme que la femme, et que le Fils offre sa vie, cette eau de vie qui est tirée de lui, pour finalement la revendiquer, elle est sa femme de qui il renaît. Le sens de la Création se révèle dans ce qui nous rappelle que l’Homme, incarné par Adam, et de qui est tirée Eve, la mère de tous les vivants, donne à son tour naissance à un nouvel homme.

Cependant, il est essentiel d’avoir parcouru le chemin jusqu’au bout, car Jésus avait précédemment demandé à ses disciples d’attendre à Jérusalem pour recevoir ce que le Père avait promis : l’Esprit Saint, cet Esprit de Vérité qui éclaire notre compréhension en révélant ce qui sommeille déjà en nous, mais dont nous ne saisissons pas encore le sens profond. Cela témoigne que nous avons été préparés par Dieu, mais c’est Lui qui choisit de nous dévoiler ces vérités au moment où nous sommes prêts à les accueillir. Il est essentiel de rester dans Jérusalem et de ne pas s’en distancer, car demeurer dans Jérusalem, c’est s’enraciner dans la paix que Jésus nous offre lui-même : « Je vous donne ma paix ». C’est la paix qu’il a bâtie de ses propres mains, aux côtés du Père, faisant de lui Melchisédech, le fondateur de Salem, le souverain de la paix et de la justice, celui qui se présente avec du pain et du vin pour bénir Abraham après sa victoire sur les rois de la mer Morte. En restant ancrés dans la paix, en la bâtissant de ce qu’est véritablement Jérusalem « la fondation de paix » nous accueillons la promesse du Père : l’Esprit Saint qui révèle toutes les vérités, devenant en ce sens ce qui définit la véritable Israël, cet état spirituel qui transmet à la terre matérielle ce dont elle a besoin pour se réconcilier avec le Dieu Vivant.

 

error: Content is protected !!